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NOTE

Puissance de calcul :
Chaîne d'approvisionnement et dépendances stratégiques pour le développement de l'IA

Juillet 2026|GPAI Policy Lab

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Résumé exécutif

— Contexte —

Le développement d'IA de frontière aux États-Unis et en Chine, plus performantes, générales et agentiques, expose la France et la communauté internationale à des problèmes de perte de contrôle irréversibles menaçant la sécurité nationale. Or ce développement repose sur une ressource physique centrale : la puissance de calcul. Les États-Unis dominant les deux voies d'accès à cette ressource (96 % de la production de GPU et 86 % de la capacité déployée), tout projet massif d'IA se fait de facto avec leur accord. Mais la chaîne de production repose aussi sur des goulets d'étranglement non américains, dont le monopole européen ASML–Zeiss–Trumpf sur la photolithographie EUV, technologie nécessaire à la fabrication de tout GPU de pointe. Ce goulet confère à l'Europe un levier stratégique concret et actionnable sur le développement mondial de l'IA.

Tom David, Président-Directeur Général
du General-Purpose AI Policy Lab

— Questions —

  • ●Quel est le rôle de la puissance de calcul dans le développement de l'IA, et comment s'organise sa chaîne d'approvisionnement ?
  • ●Quelles dépendances stratégiques cette chaîne d'approvisionnement crée-t-elle, et quels leviers confère-t-elle aux différentes puissances ?

— Synthèse —

Les performances des IA à usage général dépendent directement de la quantité de calcul investie dans leur entraînement, ce qui fait des GPU, où sont réalisés ces calculs, le facteur principal de leur développement.

La chaîne de production des GPU de pointe est marquée par des goulets d'étranglement difficilement substituables : monopole américain sur la conception, monopole de TSMC à Taïwan sur la fabrication, monopole européen ASML–Zeiss–Trumpf sur les équipements de photolithographie EUV, dépendances au Japon et en Corée du Sud.

Une filière chinoise domestique se développe en parallèle, actuellement en retard sur tous les maillons (~ 3–4 ans en conception, ~ 7 ans en fabrication, ~ 15–20 ans en photolithographie), mais un retard aujourd'hui ne permet pas de conclure sur la capacité de la Chine à le rattraper.

La répartition à l'échelle mondiale de la puissance de calcul, conditionnant la faisabilité de tout projet massif d'IA, détermine quels acteurs peuvent mener ou non de tels projets. Cette répartition est très inégale : les États-Unis détiennent 86 % de la puissance de calcul mondiale, la Chine environ 8 % et le reste du monde se partage les 6 % restants, la France disposant de moins de 1 % du total.

Figure A - Structure de la chaîne de production d'un GPU de pointe
Figure A — Structure de la chaîne de production d'un GPU de pointe.

— Implications pour les acteurs français et européens —

Tout projet massif d'IA en Europe se fait de facto avec l'accord des États-Unis.

L'Europe a deux voies d'accès à la puissance de calcul (achat de GPU et location cloud) et les deux sont fortement concentrées aux États-Unis : 96 % de la production et 86 % de la capacité déployée.

Figure B - Puissance de calcul des centres de calcul de frontière
Figure B — Puissance de calcul des centres de calcul de frontière.

Les États-Unis disposent de mécanismes de contrôle sur ces deux voies d'accès. Ils peuvent restreindre :

  1. l'accès cloud (effet immédiat) ;
  2. les exportations de GPU (effet en ~ 3–5 ans) ;
  3. les GPU déployés à distance (en discussion, horizon temporel incertain).

L'Europe, comme certaines puissances moyennes, dispose de leviers de gouvernance concrets sur le développement mondial de l'IA.

La puissance de calcul étant le facteur principal du développement des IA à usage général, les goulets d'étranglement de sa chaîne d'approvisionnement confèrent aux puissances qui les contrôlent un levier sur le développement de l'IA.

Bloquer un goulet permettrait de repousser les entraînements posant des problèmes pour la sécurité nationale, mais cet effet est temporaire car seule la filière principale serait ralentie, permettant à la filière chinoise de rattraper son retard et devenir la nouvelle frontière. Or cette perspective contrevient directement à la stratégie américaine de domination en IA, faisant de ces goulets des atouts diplomatiques face aux États-Unis.

Plusieurs goulets sont contrôlés par le Japon, la Corée du Sud et Taïwan, dont la dépendance à la protection sécuritaire américaine en limite l'usage, à moins de disposer de garanties de sécurité alternatives, par exemple dans le cadre d'une coalition de puissances moyennes. Le triangle européen ASML–Zeiss–Trumpf, qui détient un monopole sur les équipements de photolithographie EUV, technologie nécessaire à tout GPU de pointe, ne dépend pas des États-Unis pour sa sécurité immédiate, ce qui en fait un levier actionnable et efficace, au moins à l'horizon de quelques années.

Citer cette note

General-Purpose AI Policy Lab, « Puissance de calcul : Chaîne d'approvisionnement et dépendances stratégiques pour le développement de l'IA », Note n°6, juillet 2026. https://gpaipolicylab.org/note-6

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